Dubaï. Ville de superlatifs, de tours vertigineuses et de rendez-vous hors normes. C’est sur les terres emirati qu’Anjina a posé ses valises d’aventurière panagorati pour le Gulfood 2026.
Deux sites immenses, des milliers de stands, des kilomètres d’allées et une seule mission : capter ce qui fera le rayon de demain.
Pas le temps de lever les yeux trop longtemps vers le grand Khalifa. Ici, tout va vite. Les tendances s’enchaînent. Les rendez-vous s’enchaînent. Les idées aussi. Entre innovations surprenantes, retrouvailles avec des partenaires et nouvelles connexions stratégiques, l’agenda était aussi dense que stimulant.
De retour à Maurice, avec des cartes de visite plein les poches et des réflexions plein la tête, elle nous partage son regard sur une question clé : dans un monde ultra-connecté, comment trouver le bon équilibre entre innovation locale et import ?
1. Quand on arrive au Gulfood, qu’est-ce qu’on ressent ?
Honnêtement ? Une claque. L’ampleur est impressionnante. Cette année, le salon s’est déployé sur deux sites tellement la participation était massive. Des fournisseurs d’Asie, d’Europe, d’Afrique, d’Australie… tout le monde est là. On sent que le centre de gravité du food mondial se joue ici.
Mais au-delà des chiffres, ce qui marque, c’est l’énergie. En quatre jours, on rencontre plus d’une douzaine de partenaires existants. On découvre leurs innovations. On échange avec des décideurs. C’est intense, stimulant, et ça nous oblige à penser plus grand que notre marché.
2. Face à cette puissance internationale, le local peut-il rivaliser ?
Ce n’est pas une question de rivalité. C’est une question d’équilibre. L’import nous donne accès à des volumes, à des capacités industrielles, à une diversité que nous ne pourrions pas produire localement avec la même compétitivité.
Mais le local, lui, apporte autre chose : la proximité. La compréhension fine du consommateur mauricien. L’agilité. Sur certains segments, notamment plus niche ou plus spécialisés, l’innovation locale peut être extrêmement pertinente. L’objectif n’est pas de choisir un camp. C’est de construire une complémentarité intelligente.
3. Le healthy était-il vraiment partout cette année ?
Oui. Clairement. Alternatives au sucre, produits enrichis, clean label, superfoods… La tendance est forte. On sent une prise de conscience globale. Les consommateurs veulent mieux manger.
Mais ce qui me frappe, c’est le défi de l’accessibilité. Beaucoup de ces produits restent chers. La vraie question est : comment rendre ces options plus saines accessibles au plus grand nombre ? C’est là que notre rôle devient stratégique, entre sourcing international et adaptation locale.
4. En rentrant à Maurice, qu’est-ce qui reste en tête ?
Une conviction : Maurice est petit sur la carte mondiale, mais nous avons notre place. À Gulfood, on rencontre les “movers and shakers”, ceux qui prennent les décisions. Ces relations-là comptent autant que les produits.
L’équilibre entre innovation locale et import ne se décrète pas dans une salle de réunion. Il se construit sur le terrain, dans les foires, dans les discussions, dans la confiance. C’est un travail de vision et de sélection. Et c’est ainsi que Panagora prépare le rayon de demain.