07 October 2021

Parcours | Julio, Musicien dans l'âme

Category: Corporate

Nos Métiers

En débutant cette interview on était loin de se douter de la flamme qui habite Julio Rave. Plus qu’une histoire de famille, la musique est pour lui un espace de partage, un lieu où un artiste se connecte à son public…Rencontre

 

Julio Rave

 

Depuis quand travailles-tu à Panagora ?

Cela fait 14 ans maintenant que je suis à Panagora :). J’ai tenté ma chance en 2007 car des amis qui y travaillaient déjà, disaient beaucoup de bien de l’entreprise. Mo ti enpe zalou… :) Là où je bossais, on avait zéro activités. Mes amis eux, avaient toujours enn ti plan... Moi mo le letan lib ti zis pou repoze pou kapav repran travay apre.

J’ai donc débuté en tant que vehicle assistant – ti ena enn sel camion pou fer le nord (Riv du Rempart / Pamplemousses etc.) Mo komans travay 6h30 ziska fini mett tou prodwi dan camion apre lendemen tou rekomanse. Après j’ai été planton puis chauffeur.

A Panagora on bosse dur mais on s’épanouit aussi.

Il y a un souvenir ou un événement en particulier qui t’a marqué durant ton parcours ici ?

Les Concours ACS organisés à l’occasion de la fête de la Musique et le mini-concert pour les 40 ans de Panagora.

Pour le concours ACS il y avait même des auditions ! Deux collègues m’ont encouragé à y participer et moi qui suis un perfectionniste je me suis dit bon ale me pa pou badiné sa. :) Nous avons fini 2ème au concours. Les années suivantes, j’avais maîtrisé les rouages et on a raflé le premier prix. C’était un vrai travail d’équipe et c’est ce qui fait qu’un show est réussi.

Idem pour les 40 ans de Panagora. Nous avions un mois pour nous préparer et on a passé des nuits blanches à bosser dessus. Il fallait se hisser au niveau des professionnels pour trouver l’équilibre parfait. C’était un gros stress mais la soirée a été une réussite ! La clé c’est d’avoir de bons collaborateurs et que chacun trouve sa place dans l’équipe.

Quel a été le dernier évènement auquel tu as participé ?

C’était pour une fête à la municipalité de Quatre Bornes. Nous devions assurer un show de 7 à 8 minutes avec un groupe musical complet chants, danses, musique…La compétition était rude mais j’aime beaucoup monter ce genre de projets. Mon cerveau est en ébullition et c’est souvent au milieu de la nuit que viennent les meilleures idées. Ensuite il faut les retranscrire et les partager. C’est la partie la plus difficile :). Mais j’aime les challenges, développer un concept, participer à un projet et le voir prendre forme…Cela demande beaucoup de temps et entre la vie familiale et le travail il faut parfois faire des choix.

 

Parcours_julio Rave

 

Quand exactement t’es-tu découvert cette passion pour la musique et que représente-t-elle pour toi aujourd’hui ?

La musique est une histoire de famille. Mon grand-père était chef d’orchestre et jouait souvent aux mariages comme mon père mais celui-ci avait cessé pendant un temps. A vrai dire, ce n’est que lorsqu’il a pris sa retraite que j’ai appris que mon papa jouait du banjo. Moi dès l’adolescence, j’avais déjà commencer à m’intéresser à la musique et je prenais des cours de guitare dans un centre de jeunesse avec un bon ami à moi mais mon papa n’était pas d’accord, il me disait souvent, pena lavenir pou sa dan moris. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris qu’il me lançait un défi pour voir si j’avais vraiment la passion et la détermination pour apprendre. C’est lui d’ailleurs qui m’a offert ma première guitare. Lorsque j’ai joué pour la première fois devant un public j’avais 16 ans. Je suivais alors un programme art/culture au centre de jeunesse et un jour on me demande de remplacer un guitariste. C’était la panique mais j’avais vraiment envie de bien faire et n’ai rien lâché.

Mon papa, lui a appris tout seul. Un musicien à l’oreille kouma nou dir. Il écoutait et pouvait rejouer un morceau. J’admire sa rigueur.

De mon côté j’ai eu la chance de faire de belles rencontres avec des musiciens qui m’ont beaucoup appris. Je garde de bons souvenirs de ces moments de partage. En plus dans les années 98/99 – on n’avait pas d’internet ou de CD donc on devait se partager les cassettes. En 2008, je suis entré au Conservatoire François Mitterand. J’y suis retourné pour deux ans encore en 2010. J’ai grandi au contact de vrais musiciens. Bien entendu on apprend le solfège etc. mais ce que j’aime le plus c’est l’univers qui s’ouvre à moi, le contact avec les gens…C’est un enrichissement mutuel et mo pense li universel sa, pli ou en kontak avek lezot ek pli nou aprann :). De nos jours c’est difficile de garder un bon contact humain, surtout avec la Covid. Je me souviens que durant le lockdown, je n’avais aucune inspiration. Ou dir ou ena full letan pou konpoz la mizik me menti, fode monn repran mo routinn travay pou ki mo retrouv l’inspiration !

Là tous les vendredis, on se retrouve avec le groupe pour travailler et se retrouver. Notre but c’est de créer des moments de partage. Dans la musique, il faut savoir donner et pas juste prendre. Un artiste doit avoir le goût de partager !

Quel style de musique tu écoutes en ce moment et qui est ton modèle ?

J’écoute beaucoup de la World Music – fusion Afrique / Europe. Mon modèle à moi c’est Al Di Meola , un guitariste américain d’origine italienne. Il a été élu 5 fois meilleur guitariste par le magazine Total Guitar. C’est mon idole et ma source d’inspiration mais ce n’est pas le seul :).

 

Parcours_Al Di meola

 

Et qui est justement ton artiste mauricien préféré ?

C’est Menwar et aussi tous ces artistes comme Ti frer, Fanfan, Michel Legris qui ont su mettre en valeur la langue créole. C’est notre identité et nous devons en être fiers. Je compose beaucoup en créole et actuellement je travaille sur un projet pour retrouver les expressions oubliées. J’aime ce retour aux ‘racines’. Je fais d’ailleurs quelques recherches à La Librairie Kreol à Grande Rivière.

 

Menwar parcours

 

Quels conseils as-tu pour les jeunes qui souhaiteraient se lancer ?

A mon époque, nous n’avions pas autant de facilités. Nou finn koumans enpe a lanver kouma nou dir. Aujourd’hui les jeunes sont mieux encadrés. Mais si j’ai un conseil à leur donner, ce serait celui-ci : Trouvez-vous non seulement un professeur mais une personne avec qui vous pourrez communiquer car on ne peut pas jouer avec crispation. Votre prof doit aussi être un bon pédagogue.

Je donne des cours (bénévole) le dimanche à des enfants et il faut vraiment prendre le temps de comprendre son élève. La musique fait ressortir nos peurs, nos angoisses. Par exemple la même note de musique sera jouée différemment car chaque personne apporte son vécu et son histoire…

D’autres peuvent être très bons techniquement mais avoir le trac devant un public. Il faut donc comprendre d’où ça vient et travailler dessus avec eux.

Quel est ton souhait pour l’avenir ?

Déjà une bonne éducation pour ma fille car c’est la clé pour réussir :).

Et pour la musique, j’espère qu’on aboutira à une véritable structure pour les artistes de ce pays. Nous avons beaucoup de diplômés de Berkeley mais what next pour eux ? Pour ma part j’ai fait le choix de ne pas quitter mon pays et la famille mais je veux me battre pour que les talents soient reconnus et que les générations futures puissent bénéficier d’un vrai encadrement qui mettrait en valeur leurs talents. Pour cela, il faut un vrai plan de bataille et une classification. Comment je passe du simple hobby, à amateur puis à un professionnel dans mon domaine ? Autant de questions sur lesquelles il faudrait se pencher sérieusement car il s’agit de l’avenir de nos jeunes.

En parlant de jeunes, as-tu quelques conseils pour les nouveaux panagoriens ?

Bann zeness ena tendans decouraze vit mais je leur dis toujours de rester positifs. Les mots sont importants donc kan mo bizin rekonfort enn koleg mo fer li. Je leur partage mon vécu. A mes débuts, mon job n’était pas reposant mais on avait le cœur à l’ouvrage. J’y ai rencontré des personnes qui ont toujours été de bon conseil.

Et puis, il faut vraiment avoir travailler dans une autre entreprise pour se rendre compte de la chance que nous avons à Panagora. Ici, on a toujours la possibilité de faire entendre sa voix (comité de section, comité d’entreprise etc.) Il y a une vraie structure pour l’épanouissement des employés et un lieu où ils peuvent faire entendre leur voix et j’espère que cela restera toujours ainsi. Il est important de savoir qu’on pourra taper à la porte en cas de problème et qu’on vous ouvrira toujours :).

 

Parcours Julio Rave - musicien

 

Le mot de la fin ?

Préservons nos valeurs – si chacun fait sa part, tout ira bien. Mais il faut que ça vienne du cœur.

 

#people #ansam #panagora

Notre série Parcours continue... Découvrez également Yannick, une autre pépite de Panagora.  Bonne lecture !

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ingrédients :
- 1 yaourt Yoplait nature 
- 700 g de cabillaud
- 2 oeufs
- 4 cuil. à soupe de farine
- 1 citron
- 1 bouquet de coriandre
- 2 cuil. à soupe d’huile
- 2 cuil. à soupe d’oignon haché

étapes:
- Coupez le poisson en morceaux. Mixez-les avec le yaourt Yoplait nature , 1 cuil. à soupe de jus de citron et la coriandre. Mélangez avec les œufs, la farine et l’oignon haché.

- Entre vos mains, formez une vingtaine de boulettes de poisson et aplatissez-les légèrement.


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